Elysée - Entretien du Président de la République avec Monsieur Petro Porochenko [uk]

Elysée – Lundi 26 juin 2017

ENTRETIEN DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
AVEC MONSIEUR PETRO POROCHENKO

JPEGPhilip Rock / ANADOLU AGENCY

Merci beaucoup. Mesdames, Messieurs, je voulais remercier vraiment le président POROCHENKO d’être ici aujourd’hui à Paris.

Tout d’abord pour vous dire qu’il y a entre nos deux pays une relation de long terme, une histoire, vous irez tout à l’heure la consacrer en allant, si je puis dire, rendre hommage à Anne de KIEV, reine des Francs au 11e siècle, pour montrer à quel point cette histoire s’ancre dans les profondeurs du millénaire passé.

Au-delà de ce lien, nous avons d’abord parlé de nos relations bilatérales et du souhait partagé que, justement, nous puissions encore travailler davantage ensemble, à travers des partenariats administratifs, des partenariats d’entreprises, de développement, dans le secteur de l’énergie, dans le secteur justement du traitement des eaux, des transports en commun, entre autres. Et donc, là, nous allons mettre en place une série de procédures très concrètes pour que ces projets puissent voir le jour de manière extrêmement rapide.

Depuis 3 ans l’Ukraine met en œuvre par ailleurs un programme de réformes très exigeant, de nombreuses avancées ont été faites justement, l’assainissement du secteur bancaire, la lutte contre la corruption, le secteur de l’énergie. Et là aussi nous avons fait un point ensemble pour identifier toutes les avancées à faire dans plusieurs secteurs qui demeurent, en particulier la justice, l’Etat de droit, avec là aussi la nécessité d’avoir des résultats concrets tangibles, et le président m’a annoncé aussi les décisions récemment prises en matière de privatisation dans plusieurs secteurs, et tout ce qui va continuer à être fait. C’est pour moi un élément important, qui contribue aussi à la réussite collective et à la gestion des prochains mois.

Par ailleurs, la France, et plus largement l’Union européenne, tout comme les pays du G7, continuent à accompagner l’Ukraine dans ce processus de réformes internes ambitieuses pour rapprocher nos standards de gouvernance.

Au-delà donc de ces partenariats, dans le renouvelable, dans la croissance durable, je veux vraiment saluer, une fois encore, l’engagement de l’Ukraine dans justement la mise en œuvre de l’accord de Paris, vous êtes l’un des premiers, vous me rappeliez tout à l’heure avec quelque cruauté que vous aviez ratifié l’Accord de Paris avant la France. Mais ça montre à quel point vous avez cette volonté justement d’engager ces réformes et d’aller de l’avant, et je souhaite qu’on puisse concrétiser là aussi, en la matière, des initiatives communes.

Par ailleurs, sur la résolution du conflit dans l’Est de l’Ukraine, et donc de la crise avec la Russie, j’ai réaffirmé, président POROCHENKO, ma volonté, comme je l’avais d’ailleurs dit dès notre conservation téléphonique, et comme je l’ai dit plusieurs fois publiquement, ma volonté de poursuivre le processus de Minsk et de pouvoir tenir avant le G20, et c’est aussi le souhait de la Chancelière, un échange nourri dans le Format dit Normandie – nous sommes d’ailleurs en train de finaliser l’organisation de celui-ci - avec la présence, en tout cas pour un temps de cette discussion de l’OSCE. C’est ce que j’ai proposé à l’ensemble des parties, suite à la discussion que j’avais eue à Versailles, il y a plusieurs semaines, avec Vladimir POUTINE, et aux contestations, de fait, qui sont mises en avant sur la situation sur place.

J’ai réaffirmé la position constante de la France depuis la prise de contrôle, par la force, de la Crimée par la Russie en mars 2014, la France demeure plus que jamais attachée à la souveraineté de l’Ukraine dans ses frontières internationalement reconnues, et comme ses partenaires de l’Union européenne, elle ne reconnaîtra pas l’annexion de la Crimée, et là-dessus, vous avez parfaitement raison, il importe, à chaque fois, de le répéter.

La situation dans l’Est de l’Ukraine, depuis 3 ans, crée une situation dramatique pour les populations civiles et un réel danger pour la sécurité de l’Ukraine, de l’Europe, et, je le crois d’ailleurs, de la Russie. C’est pourquoi nous ne devons pas accepter qu’elle puisse s’installer, et la volonté qui est la mienne, et nous en avons longuement parlé, c’est de pouvoir, lors de notre prochain échange en Format Normandie, mettre sur la table une série de conditions nouvelles pour, de part et d’autre, faire mouvement, et essayer de trouver une solution concrète de sortie de crise.

La France reste profondément engagée, aux côtés de l’Allemagne, pour permettre aux parties de progresser dans la mise en œuvre de ces accords, et je crois qu’on ne doit pas s’habituer, ni au non-respect, ni à la non-avancée de ces accords sur place, ni au fait que nos discussions soient condamnées à ne pas aboutir. Et donc, la dynamique dans laquelle je m’inscris, c’est bien celle du processus de Minsk, mais c’est aussi d’avoir un format de discussion efficace pour que l’ensemble des parties prenantes conduise à, d’abord, un partage d’informations et une compréhension commune de la dynamique sur le terrain, d’où ma volonté d’avoir l’OSCE présente, et surtout à des résultats concrets qui marquent une dynamique d’avancée. C’est ce que j’avais dit il y a plusieurs semaines au président POUTINE, c’est ce dont nous sommes convenus aujourd’hui avec le président POROCHENKO, et c’est ce que, dans les prochains jours et prochaines semaines, nous allons nous employer à faire, de manière très étroite, avec la chancelière MERKEL.

Voilà Mesdames et Messieurs ce que je pouvais vous dire à l’issue de cet entretien, en remerciant à nouveau le président POROCHENKO pour sa visite et en lui redisant la détermination et l’engagement qui est celui de la France pour trouver une issue favorable à cette situation.

- Retrouvez la déclaration en vidéo sur le lien suivant :

http://www.elysee.fr/videos/declara...

publié le 29/06/2017

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